Isabelle Bournier, directrice du Mémorial de Caen : « Pour parler de la paix, il faut comprendre l’histoire »
Isabelle Bournier est directrice du Mémorial de Caen. Situé en Normandie, près des plages du débarquement, ce musée accueille chaque année 110 000 scolaires et leurs enseignants autour des thèmes de la Seconde Guerre mondiale et de l’histoire contemporaine.

Éduquer à la paix, ça veut dire quoi pour vous ?
La connaissance de l’histoire déjà. Avant même de construire la paix, l’histoire permet de comprendre la situation. Pour réfléchir à une situation de paix, il faut connaître la paix. Le mémorial travaille sur cette connaissance. Nous accompagnons les enseignants avec des ateliers et des formations sur les questions sur l’actualité, les conflits, pour comprendre les tenants et les aboutissants d’une situation. L’histoire est le préalable pour comprendre la situation actuelle. Des conflits d’origine économique, ethnique, des conflits de richesses, de territoires, des conflits anciens : pour parler de la paix, il faut comprendre l’histoire.
Pourquoi parler de la paix aujourd’hui en France ?
La paix, ce n’est pas seulement en rapport aux guerres. C’est aussi la paix en France. C’est le respect de l’autre. Au Mémorial, on aime revenir sur les questions d’inclusion, parce que chacun des élèves qui vient au mémorial a quelque chose à dire, des connaissances à partager. C’est très important de ne pas exclure une partie de la population. Pour ceux qui ont du mal à s’exprimer, nos concours de plaidoiries leur donnent une légitimité à monter sur scène. Permettre à des jeunes, parfois en difficulté, de pouvoir s’exprimer sur les droits humains, ce sont pour moi des actions qui ne se voient pas beaucoup, mais qui ont une importance capitale.
Quelles activités pour éduquer à la paix ?
Au Mémorial, on aborde la paix à travers la démocratie, la liberté, les libertés. Nous organisons des visites du musée avec un prisme sur l’éducation à l’histoire. Mais nous le faisons aussi à travers une action autour de plaidoiries sur les droits humains, qui sont un élément de la vie en paix. On travaille sur le concret, à partir de l’histoire et de faits d’actualité. On travaille aussi évidemment sur les plages de Normandie, avec un angle autour de la liberté plutôt que la paix en tant que principe. Parfois, des animations dédiées à la paix permettent d’aborder des questions comme « quels sont les moyens d’arriver à la paix » construites avec des jeux, des objets à manipuler...