Les enfants ont aussi le droit à la vie privée, selon le Défenseur des droits

Article – 17 mars 2023
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Dans leur rapport annuel sur les droits des enfants, Claire Hédon et Éric Delemar se penchent sur la question du respect de leur vie privée. Cette étude, basée sur les opinions de 1 100 enfants recueillies dans le cadre d’une consultation nationale, questionne le rôle de la communauté éducative : parents, enseignants, corps médical, professionnels de l’enfance…

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« Les espaces bâtis accueillant des enfants ne sont pas pensés comme des lieux de vie, mais davantage comme des lieux de passage », pointe notamment le rapport du Défenseur des droits. Image © DR

Selon le rapport remis à l’occasion de la journée internationale des droits de l’enfant le 20 novembre 2022, la vie privée des enfants et des jeunes englobe « tout ce qui touche à leur intimité et doit être préservé du regard des autres », tels la vie sentimentale ou sexuelle, l’état de santé, les croyances religieuses ou philosophiques, ainsi que les données à caractère personnel, type adresse ou numéro de téléphone. Mais, « bien qu’assis juridiquement, le droit au respect de la vie privée est pourtant peu reconnu en pratique à l’égard des enfants et doit être concilié avec leur besoin de protection », a pointé le Défenseur des enfants dans le cadre d’un webinaire. Le rapport 2022, du fait de la thématique choisie, met l’accent sur les conditions de vie de nombreux enfants mal-logés, sans logement ou contraints de vivre dans un cadre de vie collectif, ne disposant pas d’espaces de vie décents, mais aussi ceux qui sont atteints de maladie ou de handicap et enfin ceux dont la liberté est restreinte. Cette partie du rapport évoque donc des enfants vivant des situations particulières, dans des structures institutionnelles relevant du médico-social.

Des espaces souvent peu adaptés à l’intimité

Le rapport souligne également le fait que les espaces bâtis accueillant des enfants ne sont pas pensés comme des lieux de vie, mais davantage comme des lieux de passage ; et pour le moins ne sont pas pensés avec les enfants et les adolescents. Il en va ainsi des toilettes, des vestiaires et douches qui ne permettent ni intimité, ni dignité parfois

Moins intime encore, le monde d’Internet et des réseaux sociaux est aussi abordé dans le rapport : « la nouvelle exposition publique, voire médiatique, des enfants les expose à de potentielles violences numériques (cyber-harcèlement, cybersexisme, haine en ligne, etc). Elle conduit les éducateurs à devoir les protéger de toutes les formes de violences qu’ils peuvent subir » et, pour travailler dans des dynamiques préventives, à « forger chez eux une conscience de ce qui relève de l’intime ».

« J’ai des droits, entends-moi » : une consultation annuelle des moins de 18 ans

Depuis 2021, la Défenseure des droits et le Défenseur des enfants ont souhaité, chaque année, donner la parole aux enfants en menant une consultation nationale auprès des moins de 18 ans, dans le cadre de l’élaboration du rapport annuel consacré aux droits de l’enfant, publié à l’occasion de la journée internationale des droits de l’enfant, le 20 novembre. Cette démarche a pour objet de promouvoir un changement durable des postures, des pratiques et des représentations alors qu’aujourd’hui, la parole des enfants reste considérée par beaucoup d’institutions, d’acteurs et de professionnels, comme accessoire.

Sur le site du Défenseur des droits : la page sur la consultation.